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Ils sont nombreux, ceux qui admirent l’entreprise littéraire de Jean-Edern Hallier, ils sont également multiples ses lecteurs, que sa pensée souvent bouillante peut bien déranger. De cela, notre homme qui appartient au monde de la littérature, la meilleure, en est bien conscient. Bien loin de calmer sa nature ardente, fière, souvent rétive, il la laisse galoper. A la fois cheval et monture, on ne sait pas toujours très bien qui excite l’autre ou si tout simplement nous n’avons pas affaire à un pur-sang que ses parents bretons ont laissé, histoire de rire de ses écarts, la bride sur le cou. Comme si cela ne suffisait pas à cet « Idiot », le voilà qui passe de la pensée philosophique, souvent politique, qui bouscule, au petit monde de l’esthétique. Ainsi notre Idiot « international » se met au chevalet. Pas celui qui servait au Moyen Âge à supplicier le pauvre monde, mais devant celui où depuis des millénaires les créateurs peinent, soucieux de donner à la peinture des visages toujours plus ardents, plus proches de la quête éternelle du Grand Beau. Jean-Edern, notre Idiot cette fois « international », nullement gêné par la loi du genre, franchit le Rhin et pénètre en pays germanique. Regardez ses dessins, ses aquarelles, ses gouaches, nous sommes là au milieu des hommes tourmentés, des expressionnistes. Devant son œuvre, on pense aux Berlinois, particulièrement aux Bavarois des années 20, qui dérangés par la crise financière et politique, les malheurs et les troubles du temps, prétendaient par la singularité de leurs touches et la rupture des effets chromatiques bouleverser le monde de la peinture, de telle manière qu’il en est arrivé à ce que nous connaissons de nos jours. C’est ce que, pour ma part, je « lis » sur ce que généreusement, encore une fois, nous offre l’ardente nature de Jean-Edern Hallier.
Maurice RHEIMS de l’Académie française Accéder à une galerie
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